Compte-rendu de l’avant-première montoise de Vinyan
En pleine promo pour la sortie belge de Vinyan, Fabrice du Welz est venu présenter ce mardi 14 octobre son dernier (et formidable) objet filmique au cinéma Plaza Art de Mons (certains visiteurs de cinemafantastique.net furent même de la partie grâce à notre concours). Après une brève introduction où le metteur en scène a prévenu les spectateurs qui ce qu’ils allaient voir n’était pas un film réaliste mais bel et bien une métaphore, votre serviteur a eu la chance de partager un repas avec l’homme qui n’a décidément pas sa langue dans sa poche.
Généreux et volubile, il nous a confié quelques trucs de son tournage en Thaïlande (notamment la fabrication du générique du début où, avec son directeur photo Benoît Debie, ils ont pas mal déliré avec une perruque), il a partagé ses goûts en matière de cinéma et de séries (« Ratatouille est un de mes films préférés de l’année dernière, sans déconner ! », « The Wire est une série ha-llu-cinante, quoi ! ») et a aussi causé de ses potes dans le milieu du cinéma (dont un Gaspard Noé toujours aussi extrême). Au passage, il nous a aussi bien mis l’eau à la bouche quant à sa prochaine adaptation de L’île aux trente cercueils, en cours d’écriture.
Abreuvé par ses paroles (dont je me suis véritablement délecté), nous avons alors rejoint la salle afin de cueillir les réactions et questions du public à l’issue de la projection. Timides et certainement sonnés par cette expérience intense, les spectateurs ont d’abord écouté Fabrice revenir sur les conditions de tournage ainsi que sa collaboration avec une Emmanuelle Béart plus investie que jamais avant de commencer à réagir. Répondant à toutes les questions et remarques avec sincérité, le cinéaste a toutefois refusé d’intellectualiser son film en insistant sur le fait qu’il s’agissait d’un film poétique, une histoire de fantômes trouble s’achevant dans une animosité qu’il désirait des plus intenses. Il a également souligné qu’il
voulait retrouver ce rythme propre aux films de genre des années 70, comme Les révoltés de l’an 2000 dont l’ombre plane sur Vinyan. Le public s’est alors laissé un peu plus aller dans les remarques, l’un félicitant du Welz pour sa mise en scène, la photographie ainsi que le travail sur le son absolument formidables, l’autre en annonçant tout de go que Calvaire l’avait retourné mais que ce nouveau film l’avait quelque peu déçu, trop pressé de voir un "Calvaire 2" sur grand écran, sans doute. Mais Fabrice du Welz est un cinéaste qui est du genre à évoluer, un artiste hors pair qui est en train de se construire une œuvre des plus passionnantes. Et même si sa future île sera cette fois orientée vers le grand public, gageons qu’elle sera éblouissante et empreinte d’une personnalité hors du commun.
Fabrice, continue à nous secouer, à nous ensorceler et à nous éblouir. Persiste à faire ton propre cinéma et soit sûr qu’on sera plus d’un à te suivre là où tu nous emmènera. A bientôt pour de nouvelles aventures, mec.
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Commentaires
J’y étais et je confirme c’était une avant-première très sympa. Un réalisteur à suivre à n’en pas douter.