Suite à la découverte d'un bateau abandonné naviguant, des policiers montent à bord, mais se font agresser par une créature sanguinaire qui résiste aux balles, puis plonge dans l'eau. La fille du propriétaire du bateau enquête donc avec un journaliste sur une piste qui les mène sur une île tropicale infestée de morts-vivants.
Ce film caractérise tout simplement le renouveau du grand Lucio Fulci (La maison près du cimetière, Frayeurs, L’Au-Delà, Zombi 3). qui, après s’être quelque peu égaré dans des productions ratées, renoue parfaitement avec la tradition des séries B italiennes. Ce film est le tournant d’une carrière bien remplie, tournant qui va l’orienter vers de nombreux films de morts-vivants
Ce métrage surfa sur la vague de succès de Zombie de George A.
Romero, dont il tire d’ailleurs son nom. Loin d’être une simple suite, il bénéficia quand même de ce nom pour engranger un maximum de bénéfices : 30 millions de dollars ! Du jamais vu pour un cinéma italien pourtant en plein âge d’or. Fulci est un novateur.
Avec peu de moyens, il fait de ce film un ovni, une bombe, une révolution pour le cinéma de genre. Les effets spéciaux sont tout simplement ahurrissants pour l’époque et deux scènes resteront cultes à jamais : La première est un combat sous-marin entre un zombie et un requin au large de l’île de Matoul. La seconde est l’énucléation de Paola, la femme du docteur Ménard, scène très lente et très douloureuse. (Déconseillée aux âmes sensibles !)

Le reste de la mise en scène vaut aussi son pesant d’or : zombies qui sortent de terre dans le cimetière, trépanations, morsures, jugulaire qui éclate, tous ces effets spéciaux ont, du propre aveux de Fulci et de ses comédiens, pris des heures et le résultat est là ! Ce film est une magnifique réalisation et talonne Zombie de Romero.
Nous n’avons plus qu’à nous agenouiller une fois de plus devant le grand talent de Lucio Fulci qui sait mieux que personne comment faire peur ! Ce film est culte quoi que certains puissent dire ! C’est un des GRANDS moments de cinéma concernant les films de zombies !
Un bateau surgi de nulle part et semblant abandonné, tel le navire du Nosferatu de Murnau, dérive dangereusement dans les eaux calmes et brumeuses du port de New-York. Accosté par deux policiers, un mort-vivant, sorti des cales, agresse les deux garde-côtes avant de tomber à l’eau. Intriguée par cette histoire, Anne Bowles, la fille du propriétaire du bateau qui n’est autre qu’un scientifique de renom, décide d’enquêter et de se rendre sur l’île d’où provient le navire et où travaillait son père. En compagnie du journaliste Peter West, elle rencontre le docteur David
Menard qui lui confie travailler sur un virus semblant tuer et rendre à la vie des habitants de l’île ceux-ci préférant, quant à eux, parler de Vaudou Antillais.
En 1980, sort Zombi 2 (L’Enfer des Zombies), le premier film de zombies de Lucio Fulci. Remarqué par ses giallo controversés en Italie, les Etats-Unis lui offrent la possibilité d’acquérir la reconnaissance mondiale avec ce film annoncé à tort comme la suite du cultissime Zombie (Dawn of the Dead, 1978) de George A. Romero avec le titre Zombi 2. En fait de suite il faudrait plutôt parler de préquelle puisque la fin de Zombi 2 se termine par l’invasion des morts-vivants traversant le pont de Brooklyn et débarquant dans un New-York apocalyptique sujet au film de Romero.
Fulci dans son Enfer des Zombies ne soucie pas à la différence de Dawn of the dead de véhiculer un message à caractère social ou toute autre satire de notre société de consommation. Ici l’histoire est un paradoxe car d’une froideur sans pareille sur une île exotique et superbe, un scénario d’un fatalisme sobre et sans concessions. Très vite, nos héros sont assiégés par une horde de zombies ressemblant parfois à des momies au stade très avancé de putréfaction. Le mérite de ces portraits dantesques revenant au multi awardisés Giannetto De Rossi ayant notamment travaillé sur le récent Haute Tension d’Alexandre Aja.
Baignant dans une musique de Fabio Frizzi, compositeur attitré du maître Italien, Fulci nous offre des scènes d’anthologie comme notamment ce combat aquatique d’une toute grande beauté entre un zombie et un requin. Que dire aussi de cette scène, interdite pendant de nombreuses années dans certains pays, où l’on voit la superbe Olga Karlatos (star de Gloria Mundi, 1976) entraînée inexorablement par la main d’un mort-vivant vers une écharde lui crevant l’œil.
Cette maîtrise du tempo génère une œuvre dense à la photographie soignée par des jeux de lumière très caractéristiques du cinéma underground italien. Les moments de répit sont rares permettant rarement de souffler un peu si ce n’est pendant les quelques scènes d’un érotisme soft (Olga sous la douche par exemple).
Du côté des acteurs on ne peut pas dire que le casting soit alléchant. On notera néanmoins les participations très convaincantes de Tisa Farrow (sœur de Mia) dont la carrière fut courte et qui se termina par le controversé Antropophagus (1980) de Joe D’Amato ainsi que de Ian McCulloch aperçu dans le nanar Contamination (1980) de Luigi Cozzi ou encore Zombie Holocaust (1982) de Marino Girolami.
Zombi 2 est, à l’instar de City of the living dead (Frayeurs, 1980),
The Beyond (L’Au-delà, 1981), ou encore The House by the Cemetary (La maison près du cimetière, 1981) l’une des œuvres majeures et intemporelles de Lucio Fulci mais aussi et surtout de l’histoire du genre Zombie. Ne pas voir un jour un Fulci revient à passer à côté des racines mêmes de ce genre très prolifique dans les années septante et qui revient au goût du jour grâce à des réalisateurs comme Danny Boyle ou Zack Snyder.
Après le succès remporté par Zombie, un producteur commandite Lucio Fulci pour réaliser cette fausse suite au titre plus qu’opportuniste. Mais le réalisateur de L’emmurée vivante et des 4 de l’apocalypse tient à se détacher du chef-d’œuvre de Romero et délaisse quelque peu les supermarchés pour visiter les Caraïbes, revenant ainsi vers une approche plus originelle du mythe (voir des films comme Vaudou réalisé par Jacques Tourneur en 1943 ou, bien plus tard, L’emprise des ténèbres de Wes Craven en 1988).
L’enfer des zombies a véritablement boosté la carrière et surtout la
réputation de Lucio Fulci. Mais si à la base il s’agit d’un film de commande, au final Fulci et son équipe ont réussi à en faire une œuvre unique et tout aussi culte que le film de Romero. Alors que chez ce dernier le mort-vivant, fraîchement décédé, sert la métaphore sociale, le zombie chez Fulci est ancestral et n’exprime rien. Terreux, bouffé par les asticots, errant dans le seul but de mâcher quelque chair, il est un corps réanimé, maudit et affamé, il est simplement et effroyablement un mort qui marche. L’approche diffère et en aucun cas ne copie vulgairement le travail de Romero et son équipe. Mieux encore, le film définit le style Fulci avec tous les excès gore que cela comporte ainsi que l’ambiance poisseuse et morbide qui s’en dégage.
Le film n’est pas exempt de défauts : le scénario a été écrit à la va-vite et l’interprétation est relativement mauvaise. Mais ce fou de Fulci transgresse tout cela avec des plans tour à tour effroyablement admirables et complètement dingues. Un zombie qui s’attaque à un requin, une scène d’énucléation saisissante devenue ultra culte, l’horrible réveil des morts dans le cimetière espagnol,… L’enfer des zombies est un festival de scènes gore et d’idées folles magnifiquement photographiées et surtout relevées par des maquillages incroyables.
Pas d’utilisation de stock shots dans L’enfer des zombies, le film comprend son lot de plans osés mais surtout authentiques filmés pour les besoins du film. Alors que la majorité des films d’exploitation italiens de l’époque auraient piqué des plans sous-marins à gauche et à droite (voir par exemple et au hasard La mort au large d’Enzo G. Castellari), Fulci et son équipe ont tourné des scènes incroyables où on peut notamment voir un zombie s’attaquer à un requin. Il est assez ahurissant de voir ce cascadeur
(probablement un peu inconscient sur les bords) jouer à frotti-frotta avec un gentil petit squale ! Un peu dans le même ordre d’idée, les séquences se déroulant à New-York furent tournées sans aucune autorisation. Pour jouer la scène finale, les comédiens furent maquillés dans un van puis « jetés » sur le pont pour vite shooter les plans. Du pur système D et un travail d’équipe solide au service de ce qui deviendra une perle culte du cinéma bis italien.
L’enfer des zombies se détache nettement des autres productions de l’époque grâce à ses idées folles, sa mise en scène personnelle et ses effusions sanglantes absolument tétanisantes. Le film lança définitivement Lucio Fulci dans les eaux gore et morbides du cinéma horrifique et l’homme enchaîna, presque coup sur coup Frayeurs, L’au-delà, La maison près du cimetière et L’éventreur de New-York. Une glorieuse et fastueuse époque pour le metteur en scène !
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