Un virus mortel, transmis par des rats, transforme les habitants de New York en zombies...
Manhattan est investie par un fléau incontrôlable : les rats foisonnent et mordent en masse les pauvres petits îliens, les transformant du même coup en créatures sanguinaires aux allures zombiesques. Toute l’île est envahie. Toute ? Non, un immeuble, situé dans la Mulberry street, résiste encore et toujours à l’envahisseur. A son bord, une brassée de personnages qui luttent tant bien que mal pour leur survie…
Avec en poche un budget dérisoire, Jim Mickle, sérieusement épaulé par son pote Nick Damici, décident de tourner un vrai film d’horreur dans la veine
des débuts de Romero et, face à l’indigence de leur escarcelle, préfèrent se focaliser sur un scénario solide que sur un flot d’images horrifiques ininterrompu. Le tandem accumule pourtant les scènes d’action virevoltantes avec des scènes d’attaques zombiesques filmées à l’aide d’une caméra nerveuse et agitée renvoyant au récent 28 jours plus tard de Danny Boyle ou à L’Armée des morts de Snyder. Tourné en quelques jours à l’arrache (aucune autorisation officielle n’ayant été délivrée par la ville pour les plans urbains) avec une bande de potes, Mulberry street puise son originalité dans l’énergie déployée par sa troupe de dévoués et dans sa critique acerbe d’une société en déchéance.
Le tour de force du métrage réside dans sa distanciation – finances obligent – de l’horreur. Reléguées au second plan (bien qu’omniprésentes), les scènes d’attaque ne sont pas le propos premier du film. Mickle, déjà réalisateur de l’audacieux court The Underdogs qui voyait une ville asservie à des chiens, et Damici préfèrent se focaliser sur la faune de personnages singuliers qui composent cette équipée luttant pour son salut. Effectuant une rupture avec les personnalités d’habitude traitées dans ce genre d’œuvres apocalyptiques (le super héros qui flingue tout le monde,
l’auto-sacrifié), Mulberry street fait dans l’originalité en adoptant un réalisme de tous les instants et en exécutant sur l’autel des personnages dont le charisme n’a d’égal que la banalité de leur quotidien. S’acharnant à développer l’aspect psychologique de ces individus au détriment des éternels plans post-apocalyptiques d’une ville décimée, le métrage gagne en intensité par le biais de l’identification et se permet même de balancer quelques répliques bien cinglantes sur la santé sociale d’un pays qui fabrique des sans-abris à la pelle et des fournées de chômeurs.
Trois bouts de ficelle, une équipe motivée et des couilles en béton auront suffi à faire de ce film low budget un véritable pamphlet horrifique à l’image des productions romériennes.
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