Un homme remet une boîte mystérieuse à une jeune femme. Celle-ci se rend compte qu'en appuyant sur les divers boutons des choses différentes surviennent. Mais, après être devenue riche grâce à la fameuse boîte, elle s'aperçoit qu'à chaque souhait réalisé une personne qu'elle ne connaît pas meurt..
Véritable plasticien du 7ème art et cinéaste hors norme, Richard Kelly s’attaque pour son troisième long métrage à une courte nouvelle signée Richard Matheson (Je suis une légende, L’homme qui rétrécit). Un film de commande, donc, pour le metteur en scène incompris de Southland tales qui se borne toutefois à ne pas marcher sur les sentiers battus hollywoodiens. C’est de bon augure, dirait-on.
Un couple découvre un beau matin au pied de leur porte une boite mystérieuse déposée par un inconnu. Le lendemain, un étrange messager au visage mutilé vient leur rendre visite et leur propose une offre : en appuyant sur cette boite il leur donnera un million de dollars cash, et net d’impôts. En contrepartie, ce geste provoquera la mort d’un inconnu…
Difficile de traiter de The Box sans en dévoiler une part du mystère qui en fait tout son sel. Flirtant avec des thématiques proches de ses deux précédents films (fin du monde, univers parallèle,…), Kelly nous plonge en pleine Quatrième dimension (normal, puisque Matheson a inspiré par ses écrits de nombreux épisodes de la série ainsi que les films). Vos repères, aussi bien moraux que matériels, risquent d’en prendre un sacré coup ! Sans esbroufe (les effets spéciaux sont peu nombreux) ni chichis narratifs, le film joue avant tout sur les axes de caméra, la composition des cadres. Le réalisateur de Donnie Darko impose une mise en scène très classe, très maîtrisée, qui évoquera peut être chez certains spectateurs le Shining de Kubrick. Mais malgré la maîtrise formelle dont fait preuve le metteur en scène, The Box laissera plus d’un spectateur perplexe. Son atmosphère entre réalité, rêve et fantasme ainsi que ses zones d’ombre et donc son côté insondable en laisseront plus d’un sur le carreau. Peut être que le cinéaste tire son film en longueur, étirant une nouvelle de quelques pages à 2h de long métrage. Sur 60 minutes, The Box aurait pu être prodigieux. Sur le double de temps, il s’avère parfois un brin confus (voir
les multiples références, aussi bien métaphysiques qu’existentialistes et bibliques). Mais il n’en demeure pas moins un film passionnant, qui prend la forme d’une parabole glaciale sur la cupidité de l’être humain mais qui renferme en réalité bien plus que cela. La mythique boîte de Pandore aurait-elle trouvé son équivalent cinématographique ?
Avec sa mise en scène parfaitement maîtrisée et sa direction d’acteur irréprochable (James Marsden et Cameron Diaz n’auront jamais été aussi convaincants), The Box aurait pu séduire le plus grand nombre. Mais Richard Kelly ne faisant pas les choses comme les autres, son nouveau film en laissera certainement plus d’un distant par rapport à une œuvre obscure à l’atmosphère anxiogène dont bien d’autres spectateurs s’amuseront à vouloir en sonder les tréfonds.
Dès son premier film, le génial Donnie Darko, Richard Kelly avait directement été proclamé nouvel espoir du cinéma indépendant américain, et les critiques s’accordaient en éloges sur sa personne. Mais son second métrage, l’illisible Southland Tales, eut vite fait de refroidir les ardeurs et de renvoyer le cinéaste au rang de jeune premier qui doit encore faire ses preuves.
Ce n’est donc pas étonnant, que le prodige revienne sur le devant de la scène avec un projet plus commercial, avec, en têtes d’affiche, Cameron Diaz et James « Cyclope » Marsden. Kelly laisse donc de côte son univers alambiqué, pour adapter une nouvelle de Richard Matheson, déjà porté à l’écran pour la série La cinquième dimension. La nouvelle en question qui ne faisait que 8 pages racontait l’étrange dilemme auquel un couple ordinaire devait faire face : appuyer sur bouton afind ’empocher un million de dollars et devenir responsable de la mort d’un inconnu ou ne rien faire. Si le travail de Matheson se concentrait uniquement sur ce choix, Kelly rallonge la sauce et décide d’aller plus loin en expliquant les fondements même de cette proposition. Car le choix cornélien ne fait finalement l’objet que d’une petite demi-heure dans le film et se voit même un peu trop rapidement expédié, Kelly étant trop occupé à distiller une atmosphère paranoïaque, dont la justification n’arrivera que bien plus tard.
Et c’est là la force de The Box : on sent rapidement que le réalisateur se sent à l’étroit dans le carcan de l’adaptation et décide de s’évader en exploitant la carte de la théorie du complot, tendance années 70. Le gimmick de la boîte ne devient alors qu’un prétexte pour une gigantesque histoire de manipulation aux confins de la science-fiction, aussi passionnante que brouillonne, qui aurait a elle seule mérité un
métrage entier. Car Kelly déborde d’idées, et chaque scène apporte son lot de trouvailles et de questionnements, sans qu’il trouve le temps d’y répondre complètement, se laissant aller à une fin extrêmement bien agencée, mais qui ne comble malheusement pas toutes les attentes.
L’autre déception du film vient du fait que Richard Kelly, certainement refroidi par les critiques virulentes qui ont été formulées à son encontre, a pratiquement abandonné ses expérimentations visuelles, qui constituaient la principale attraction de son Donnie Darko. The box est mise en boîte avec un sérieux et un formalisme qui tranchent étrangement avec l’imagination débordante dont le scénario fait preuve.
Un film en demi-teinte, amorçant le retour tout en douceur d’un Richard Kelly qui fatalement y sacrifie un peu de son âme. Un pitch prometteur, une histoire aux possibilités hallucinantes, mais exploitée avec beaucoup trop de prudence.
The Box est un film qu’on aimerait aimer. Il possède en effet tout ce que les amateurs de science-fiction sont en mesure d’apprécier : une intrigue inspirée par une nouvelle de l’immense auteur de science-fiction Richard Matheson (L’Homme qui rétrécit, Je suis une légende), une direction artistique de haute tenue, une partition emphatique marchant sur les traces de Bernard Herrmann et – cerise sur le gâteau – un casting trois étoiles. Le réalisateur Richard Kelly considère d’ailleurs The Box comme son premier film
adulte. « Donnie Darko et Southland Tales possédaient une agressivité que l’on peut associer à une sorte d’adolescence », avoue-t-il. « Avec The Box, je me suis efforcé d’acquérir un peu de maturité en m’inspirant notamment de mes parents et de leur époque. »
La première demi-heure du film laisse ouverts tous les espoirs. Nous sommes au tout début des années 70, alors que la NASA est en pleine exploration de la planète Mars. Dans une petite ville des Etats-Unis, un couple sans histoire, Norma et Arthur Lewis (Cameron Diaz et James Marsden), reçoit un jour la visite d’Arlington Steward (Frank Langella), un homme énigmatique au visage à moitié ravagé qui leur remet un objet étrange en forme de boîte. Si Norma et Arthur appuient sur le bouton rouge de cette boîte, Steward leur affirme qu’ils recevront un million de dollars en liquide, mais que ce choix entraînera la mort d’un inconnu… S’agit-il d’une blague ? La proposition est-elle à prendre au sérieux ? Si oui, le jeu en vaut-il la chandelle ? Qui est ce Steward, que lui est-il arrivé, et qui sont les « employeurs » dont il parle à demi-mot ?
Les questions fusent dans la tête des protagonistes et dans celle des spectateurs, et le film sait captiver par les choix moraux qu’il met en jeu. « Je m’efforce d’analyser les erreurs de comportement qui sont les nôtres, en tant qu’espèce vivant sur Terre », explique Richard Kelly. « Le scénario de The Box traite plus spécifiquement du moyen de racheter ces erreurs, et pose en substance la question suivante : les êtres humains méritent-ils une seconde chance ? Ce film est une tragédie, mais une place est laissée à l’espoir, malgré les apparences. » Les intentions du cinéaste sont louables, mais la
nouvelle de Matheson était courte et s’achevait abruptement, comme un épisode de La Quatrième Dimension (elle fut d’ailleurs adaptée en 1986 dans le remake de la légendaire série de Rod Serling).
En cherchant à tout prix à tirer de ce récit un film de 120 minutes, Richard Kelly se perd dans des circonvolutions scénaristiques un peu vaines et force excessivement le trait. La conviction des comédiens et le talent du réalisateur en matière de construction d’atmosphère insolite et oppressante (à mi-chemin entre David Lynch et Roman Polanski) ne suffisent pas, hélas, à rattraper un film aux prémisses pourtant si prometteuses. D’autant que certaines séquences, comme celle de la bibliothèque, frôlent dangereusement le grotesque, accumulant les effets excessifs (figurants aux comportements très bizarres, images de synthèse incongrues) là où la subtilité eût été de mise. Dommage, car les thématiques chères à Richard Kelly demeurent passionnantes et son amour de la science-fiction indéfectible.
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